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Ma réponse à “Le but de l’entreprise, au-delà du sophisme et de l’idéalisme” via @alexis8nicolas

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J’aimerais réagir à cet excellent (comme toujours) article d’Alexis Nicolas. Alexis recadre le débat du but de l’entreprise, le faisant passer du seul gain financier à la proposition de valeur à la société : Le but de l’entreprise, au-delà du sophisme et de l’idéalisme.

Globalement je suis d’accord avec lui et viser l’apport de valeur ajoutée à la société (de manière durable !) me semble plus pertinent qu’un simple calcul sur les aspects financiers.

Et pourtant?

Personnellement, j’ai tendance à penser que viser des gains financiers sur le long terme peut être une bonne chose. Mais quand je dis long terme, je veux vraiment dire de manière durable. C’est à dire que si vous visez, comme Alexis d’ailleurs le remarque, les seuls gains court terme, vous appelez l’asphyxie par épuisement de vos ressources rares : talents, environnement et probablement clients (car vous exploiterez le filon le plus rentable du moment en oubliant la nécessaire adaptation pour suivre les mouvements de la société).

Mais je pense que lorsque l’on vise le long terme ou mieux, le soutenable / durable, d’autres éléments entrent dans le cadre de réflexion. On devient plus facilement capable d’avoir une vision systémique de l’entreprise. En effet, sur du long terme, on comprend plus facilement comment au moins trois paramètres entrent en compte et sont étroitement liés :

  • les clients (qui fournissent la mane financière) ;
  • les collaborateurs (qui réalisent la valeur ajoutée) ;
  • l’organisation elle-même (management, actionnaires qui organise les relations entre les deux premiers).

Si l’on prolonge encore le long terme pour devenir permanent ou soutenable, un quatrième paramètre entre en ligne de compte :

  • l’environnement (qui fournit le contexte dans lequel les trois précédents peuvent exister).

Donc, si à court terme on peut se focaliser sur l’un des éléments au détriment des trois (ou quatre) autres (puisque l’accroissement important de l’un peut se faire sans problème, bien qu’au détriment des autres), sur du long terme, il devient évident que les liens systémiques ont des effets sensibles, détectables, des uns sur les autres. Et l’on comprend alors comment les quatre éléments sont intimement liés.

Pour moi (et on me pardonnera cette analyse de cause sur un blog où l’on cherche surtout ce qui fonctionne), les critiques targuant la recherche du bonheur des salariés (par exemple) d’utopiste sont le fait de personnes ignorant les aspects long terme, consciemment ou non. Si conscience il y a, c’est probablement que l’appât financier court termiste est le plus important. S’il s’agit de simple ignorance, alors il est sans doute encore temps d’éduquer.

Heureusement, l’époque actuelle met l’emphase sur l’aspect environnemental et la soutenabilité de tous types d’initiatives, et l’on peut espérer qu’à défaut de proactivité, le pilotage systémique des organisations finira par diffuser de l’extérieur vers l’intérieur des organisations…

Merci de ton article, Alexis !

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2 Responses to “Ma réponse à “Le but de l’entreprise, au-delà du sophisme et de l’idéalisme” via @alexis8nicolas”

  1. Merci Nicolas.
    Je suis entièrement d’accord avec ta proposition de “gains financiers sur le long terme” et la “raison d’être” que j’aborde dans mon article est à mon avis une façon d’imaginer DANS LE PRESENT comment se projeter à long terme. En effet, il n’est pas toujours facile d’identifier les gains sur le court et moyen terme, alors sur le long terme, on a souvent plus besoin de convictions que de prévisions !
    Cette recherche de raison d’être aujourd’hui et maintenant, à mon avis, est une façon “simple” et pragmatique d’augmenter fortement ses chances de gains financiers à long terme (mais aussi à très court terme), au-delà même de ceux qui prennent les décisions et qui possèdent l’entreprise aujourd’hui. La raison d’être est ce lien entre le présent et l’avenir, plus encore, elle a le pouvoir de créer un futur durable, ce que toutes les réflexions et analyses financières ne peuvent pas : nous sommes nos histoires #radicalconstructivisme.
    Alexis

  2. Nous sommes d’accord: la recherche de gains long terme donne AUSSI des gains courts termes. À l’inverse, des gains court terme seulement ne garantissent pas des gains long terme (voire souvent l’appât du court terme hypothèque les gains long terme.

    Si vous n’y croyez pas, acceptez au moins de faire le test? Si ça échoue, reprenez vos affaires habituelles.

    Et viser le bonheur des employés (ou l’entreprise écologique), ce n’est pas de la béatitude crasse non plus: ce n’est pas incompatible avec la mesure des résultats, tant financiers qu’opérationnels !

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